Notre printemps des poètes (2)

Publié le par Jean Pouch

L'OISEAU

  • En pays étranger,
  • Fidèle au vieil usage,
  • J'ouvre aujourd'hui la cage
  • A cet oiseau léger.
  • Et je me sens renaître,
  • Heureux, réconforté,
  • De mettre en liberté
  • Ne fût-ce qu'un seul être !

Alexandre Pouchkine (1799-1837)

www.rue-foch.net publie chaque jour un poème jusqu'à l'arrivée du printemps. Vous êtes invités à partager vos poèmes préférés, de votre oeuvre ou non, en ajoutant un commentaire ou en les adressant à jean@jeanpouch.com 

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J
Je salue cette lecture très attentive de notre blog tout en notant la subtile filiation des commentaires.<br /> En contre-point voici quelques infos concernant Francis Ponge:<br /> Francis PongeMontpellier, 27 mars 1899 Paris, 6 août 1988<br /> Françis Ponge est né avec le siècle, ou plutôt, en 1899, avec un léger décalage qui signe peut-être ironiquement une appartenance critique : à côté du surréalisme (dont il partage les colères mais pas la poétique, puisqu'il prône une pratique objective et consciente du langage et du réel), en relation proche et ambiguë à la famille N.R.F. (en particulier à travers son amitié pour Jean Paulhan), en dialogue tendu avec les idéologies humanistes, politiques et autres (le communisme par exemple auquel il se réfère explicitement durant une décennie, de 1937 à 1947), en fréquentation sensible des ateliers contemporains après la guerre (de Braque et Picasso à Giacometti et Fautrier), en camaraderie querelleuse avec les avant-gardes ultimes, celles des années soixante (de la revue Tel Quel à la revue Digraphe). L'ouvrage qui l'aura fait connaître, Le Parti pris des choses, en 1942, ne donne que la première version de sa pratique, celle des petits poèmes en prose achevés, clos sur eux-mêmes. L'autre version est celle des brouillons acharnés, la dynamique de l'inachevable, celle de La Rage de l'expression (1952). Ponge aura sans doute été celui des "grands" poètes de sa génération (Artaud, Breton, Michaux...) à qui incombait la tâche difficile de conduire le plus radicalement la poésie dans ses derniers retranchements.Texte glané sur le web de Jean-Marie Gleizeprofesseur à l'université de Provence, Aix-Marseille I
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Z
Après la chatte et l'oiseau il nous faut encore l'huitre, compagne de tant de fêtes...<br /> L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos. A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.<br /> F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942
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